Historique de Montigny-en-Gohelle
MONTIGNY AUJOURD’HUI
Montigny-en-Gohelle compte aujourd’hui un peu plus de 10 500 habitants. Pour satisfaire ses administrés, la commune est dotée de différentes structures scolaires, sportives et culturelles.
Dans le domaine de l’éducation on compte 5 écoles maternelles, 5 écoles élémentaires et un collège, représentant plus de 2 000 enfants.
De nombreux équipements municipaux permettent à la vie sportive de se développer (2 gymnases, une salle d’art martiaux, une piscine, un hall de tennis et de tennis de table, un complexe pour le football, un centre équestre, une salle de javelot, un stand de tir, un boulodrome couvert…)
Divers équipements culturels, une Médiathèque, une sonothèque, un centre culturel (proposant : danse classique, Hip Hop, Ecole de musique, arts plastiques, musiques actuelles, chant chorale et orchestre d'Harmonie), un espace d’accueil jeunes, un Point d’Information Jeunesse, un cyber centre, permettent aux habitants de la commune de s’épanouir.
La base de loisirs et son lac, accueillent les kayakistes et les pêcheurs, les enfants peuvent s’amuser sur la pleine de jeux au Dahomey, où s'élevera prochainement une salle polyvalente.
D’OU VIENT SON NOM ?
Montigny = « Mont en feu »…disent les uns
« Mont », venant du latin « Mons, montis » qui signifie montagne, et « igny », venant du latin « ignis » qui signifie « feu ». « Mont en feu », s’il en était ainsi, on pourrait supposer que les Gaulois, les romains élevèrent à ces endroits une tour sur laquelle brûlait un feu servant de signal nocturne, pour la transmission au loin des ordres et des nouvelles.
Tous ces « Montigny » serait donc des « phares »… Mais il en est parmi eux qui sont loin d’avoir pu servir à cet usage ! Le mot « mons » (montagne) qu’on leur applique n’a en effet qu’une valeur relative, surtout pour ceux qui se trouvaient par exemple dans un pays marécageux… et n’est ce pas justement le cas de « NOTRE MONTIGNY », situé entre deux « Noyelles » (Noyelles-Godault d’un côté et Noyelles-sous-Lens de l’autre), une « noyelle » voulant dire « un terrain noyé » ?
Montigny = « Mont » et rien de plus !...disent les autres
Ils sont d’accord pour reconnaître que Montigny vient de « Montanus » ou « Montinus » et qu’il s’agit d’une éminence, même si elle est de faible altitude : une hauteur qui domine les environs prend toujours le nom de mont !
« Igny », pour eux, vient de « iniacum » et c’est le produit de deux suffixes « hem » et « acum » et « Moniniacum », qui est l’équivalent de « Monciacum », n’a pas de signification spéciale. Donc, pour eux, Montigny venant de « Motiniacum » nous aurions la racine « Mons » voulant dire élevé, et le suffixe « iacum » voulant dire endroit ou lieu.
Montigny signifierait donc tout simplement « endroit élevé ».
Pourquoi « En Gohelle » ?
« Gohelle » est un mot charmant, sonore, léger, et qui nous semble bien français. Pourtant, ce joli nom est d’origine germanique ! Plus haut dans le Nord, dans le pays de la Lys, beaucoup de noms ont un radical provenant de l’idiome tudesque, et « Gohelle » est un mot qui peut se rattacher au vieil allemand « Göll » qui veut dire « stérile ». Ce mot signifie donc pas « forêt ou taillis » comme certains le pensent, mais bien au contraire « plaine ou rien ne pousse », pas même des arbres, c'est-à-dire une terre qui n’a jamais été cultivée. « Gohelle » indique donc une disposition du sol.
Mais disons que si la « Gohelle » était pauvre à l’origine, elle est à présent très fertile.
Voilà comment s’est constitué le nom de notre ville…
Un nom qui change au cours des âges!
Montigny, au long des siècles, changera souvent d’orthographe :
1058 Montigniacum
1070 Montigny
1129 Montigni – Montigneium – Montenini
1141 Montiniacum
1142 Montenni
1187 Montigni
1263 Monteigni
1323 Montigny
XVIIIè siècle Montigny-les-Hénin-Liétard (on a appelé Montigny de cette sorte à cause de la première église, construite par l’abbaye d’Hénin-Liétard)
Et enfin Montigny-en-Gohelle
Et, il y a peu de temps, Montigny faillit encore changer de nom :
Le 16 août 1927, le conseil municipal fait la demande au Préfet pour changer le nom de la commune et lui donner le nom de Montigny-les-eaux », suite à l’aménagement apporté au lac. Cette proposition est refusée le 23 août 1927, on allègue que ce serait gênant pour l’administration, pour les PTT…
LE « GRAND MARAIS » ORIGINE DE NOTRE LAC
Le « Grand Marais » était un bien communal d’assez grande superficie. Desséché en grande partie en 1840 au moyen de quelques travaux, le « grand marais » a pu ensuite être cultivé jusqu’à la transformation du « lac de Montigny ».
C’est l’extraction de la houille à faible profondeur sous les maris qui provoqua au point le plus bas de la commune, une véritable cuvette remplie d’eau et, vers 1924, le Conseil Municipal, ayant à sa tête Eugène Chopin, eut l’idée de mettre à ses profits ces dégradations. D’importants travaux furent menés de front : consolidation des berges, plantation d’arbres, aménagement des pelouses, construction de tribunes et déversement de remblais au milieu du « lac » pour former un îlot sur lequel une construction posée sur pilotis prit le nom de « Casino ». Autour du Lac, une piste cyclable de 1160 m fut tracée et une voie ferrée ceinturait le tout.
Ce coin de Montigny devint une oasis de verdure, un plan d’eau pittoresque, un parc d’attractions et, la publicité aidant, on y venait de loin pour pique-niquer, s’amuser et se distraire. Le dimanche, il y avait une grande animation sur l’eau et sur les rives ; l’harmonie y donnait des concerts appréciés ; les amateurs de canotage et de barques s’en donnaient à cœur joie : un petit port aménagé sur les rives abritait une douzaine de barques et deux canots à moteur… et un grand bateau (mais oui !…) qui s’appelait « L’EOLE » y naviguait sous le commandement de Germain Piquet.
LE CHARBON A MONTIGNY
L’industrie houillère, dans notre département, prend naissance dans le Boulonnais, au milieu du 18ème siècle.
C’est en 1850 qu’une première fosse était forée aux portes de Montigny, à Hénin-Liétard. Le 5 août 1852 à un décret octroyant aux demandeurs la « CONCESSION DE DOURGES » d’une superficie de 3787 hectares. Elle s’étendait sur les communes d’HENIN-LIETARD, DOURGES, NOYELLES-GODAULT, COURRIERES, LEFOREST, OIGNIES, EVIN-MALMAISON, CARVIN, MONTIGNY-EN-GOHELLE, BILLY-MONTIGNY, arrondissement de Béthune, département du Pas-de-Calais et sur la commune d’OSTRICOURT, arrondissement de Lille, département du Nord… Et c’est ainsi que le petit village de Montigny-en-Gohelle va connaître un développement que personne n’aurait pu prévoir !
La richesse du gisement de la Fosse De Clercq (N°6 des Mines de Dourges) a amené les prospecteurs à se tourner enfin en direction de Montigny-en-Gohelle et notre petit village va entrer à son tour dans la grande aventure du charbon ! On envisagea donc la création d’une nouvelle fosse, le N°7 des Mines de Dourges, et c’est en 1891 que l’on commença le creusement du nouveau puits, sur le territoire de Montigny-en-Gohelle, tout près de la limite d’Hénin-Liétard. On l’appela « Fosse BOISGELIN » du nom d’un directeur bien connu d’alors. Plus tard, les conquêtes coloniales ayant inspiré les dénominations des cités minières, on l’appela « LE DAHOMEY » la cité qui surgira près de la fosse Boisgelin et de ce fait, la fosse elle-même sera appelée « La Fosse du Dahomey ».
Le Fonçage du puits durera cinq années : de 1891 à 1896. Le fonçage étant terminé en 1896, on commença sans tarder les travaux préparatoires et d’aérage, ainsi que les accrochages à encagements directs. Cette fosse N°7 de Dourges était destinée à exploiter le faisceau des charbons gras de sa « sœur », la fosse N°7 de Courrières, au-delà de la faille de sainte Henriette et aussi à exploiter, au midi de cette faille, les autres faisceau de veines reconnues par les travaux antérieurs des fosses De Clercq, Mulot et Sainte henriette.
La remonte de la « Première Gaillette » eut lieu le 1er novembre 1898 et, au 31 décembre de la même année, la Fosse du Dahomey avait déjà produit 33 369 tonnes de charbon ! En 1899, elle produira 215 132 tonnes et en 1900 207 281 tonnes.